Suivre une cohorte : ce qu’un tableur ne peut pas faire
Un tableur reste imbattable pour lister, budgéter, planifier. Il atteint sa limite dès qu’on lui demande de comparer des fondateurs entre eux. Voici pourquoi, sans caricature.
Ce qu’un tableur fait très bien
Commençons par l’honnêteté : si votre suivi de cohorte tient dans un tableur, c’est souvent le bon outil. Il est gratuit, immédiat, personnalisable à l’infini, et tout le monde sait s’en servir sans formation.
Pour une liste de startups, un calendrier de promotion, un budget, un suivi de présence, rien ne le bat. Ces usages ne demandent pas de jugement : ils demandent des cases, et un tableur est fait de cases.
Le problème n’apparaît pas dans ce qu’on lui demande de stocker. Il apparaît dans ce qu’on lui demande de prouver.
Un tableur enregistre des déclarations, pas des mesures
Une colonne « avancement » notée de 1 à 5 semble objective. Elle ne l’est pas : elle contient l’humeur du fondateur qui l’a remplie, ou l’impression du mentor qui l’a interprétée.
Deux fondateurs dans la même situation y mettront 2 et 4. Un fondateur qui découvre l’ampleur de son problème mettra une note plus basse en juin qu’en janvier, alors même qu’il a progressé : il a simplement cessé de se surestimer.
Rien dans l’outil ne ramène ces valeurs à une échelle commune. On peut donc les additionner, mais la somme ne veut rien dire.
Les trois choses qu’un tableur ne peut pas faire
Ce ne sont pas des fonctionnalités manquantes qu’un jour on ajouterait : elles découlent de sa nature.
- Comparer. Aucune colonne ne signifie tout à fait la même chose d’une ligne à l’autre, donc ni les fondateurs entre eux, ni deux promotions, ni deux dates ne sont réellement comparables.
- Garder trace. Une cellule modifiée écrase sa valeur précédente. L’état d’il y a six mois n’existe plus, et c’est précisément celui qu’un financeur demande.
- Alerter. Un tableur attend qu’on l’ouvre. Il ne signalera jamais de lui-même qu’un fondateur approche d’un passage critique.
Quand le tableur suffit, et quand il coûte cher
Trois ou quatre startups suivies par une seule personne qui les connaît toutes : le tableur suffit, et l’essentiel du jugement est de toute façon dans la tête de cette personne.
Le coût apparaît à trois moments précis. Quand le programme grandit et que plusieurs accompagnateurs remplissent le même tableau avec des critères différents. Quand la personne qui portait le jugement s’en va, et emporte avec elle ce que les cases ne disaient pas. Et quand un financeur demande de démontrer une progression sur l’exercice écoulé.
Dans ces trois cas, ce qui manque n’est pas un meilleur tableur. C’est un référentiel commun, appliqué de la même façon à tout le monde, qui conserve ses états successifs.
Ce que SHERPA.IQ ajoute, et ce qu’il ne remplace pas
Le même référentiel pour tous les fondateurs, une position située phase par phase, un historique daté qui ne s’écrase pas, et une alerte quand un passage critique approche.
En revanche il ne remplace ni votre budget, ni votre planning, ni vos notes personnelles, toutes ces choses pour lesquelles un tableur reste le bon outil. La question n’est pas de le remplacer partout, mais de cesser de lui demander de prouver ce qu’il n’a pas les moyens de prouver.
Questions fréquentes
Un tableur suffit-il pour suivre une cohorte de startups ?
Pour une cohorte de trois ou quatre startups suivies par une seule personne, souvent oui. Le tableur atteint sa limite quand il faut comparer (entre fondateurs, entre promotions, ou entre deux dates), parce que ce qu'il contient a été saisi par des gens différents avec des critères différents.
Quelle est la vraie limite d'un tableur de suivi ?
Il est déclaratif. Il enregistre fidèlement ce qu'on y écrit, y compris l'optimisme d'un fondateur en difficulté ou la prudence d'un fondateur qui va bien. Rien dans l'outil ne ramène ces déclarations à une échelle commune, donc rien ne permet de les additionner honnêtement.
Que perd-on en gardant un tableur ?
Trois choses. La comparabilité, parce qu'aucune colonne ne veut dire la même chose d'une ligne à l'autre. L'historique, parce qu'une cellule écrasée ne laisse aucune trace de sa valeur précédente. Et l'alerte, parce qu'un tableur attend d'être ouvert pour dire quelque chose.
Faut-il abandonner le tableur ?
Pas nécessairement. Un tableur reste imbattable pour ce qu'il fait bien : une liste, un budget, un planning, une donnée qui n'appartient qu'à vous. La question n'est pas de le remplacer partout, mais de savoir ce qu'on lui demande de prouver, et de constater qu'un jugement comparable entre fondateurs n'en fait pas partie.
